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PodcastSupport my effort ; please make a donation, buy the transcripts or buy my French books. Thanks! "La Feuille Blanche " de Paul Valéry et "La Chevelure" de Charles Baudelaire.Audio Click below to listen directly to the podcast 1st Poem La Feuille Blanche En vérité, une feuille blanche Nous déclare par le vide Qu’il n’est rien de si beau Que ce qui n’existe pas. Sur le miroir magique de sa blanche étendue, L’âme voit devant elle le lieu des miracles Que l’on ferait naître avec des signes et des lignes. Cette présence d’absence surexcite Et paralyse à la fois l’acte sans retour de la plume. Il y a dans toute beauté une interdiction de toucher, Il en émane je ne sais quoi de sacré Qui suspend le geste, et fait l’homme Sur le point d’agir se craindre soi-même. 1st poem translation The Blank Sheet In truth, a blank sheet Declares by the void That there is nothing as beautiful As that which does not exist. On the magic mirror of its white space, The soul sees before her the place of the miracles That we would bring to life with signs and lines. This presence of absence over-excites And at the same time paralyses the definitive act of the pen. There is in all beauty a forbiddance to touch, From which emanates I don’t know what of sacred That stops the movement and puts the man On the point of acting in fear of himself.
2nd poem La Chevelure Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure! Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir! Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum. J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève, Se pâment longuement sous l'ardeur des climats; Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève! Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts: Un port retentissant où mon âme peut boire À grands flots le parfum, le son et la couleur Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur. Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse Dans ce noir océan où l'autre est enfermé; Et mon esprit subtil que le roulis caresse Saura vous retrouver, ô féconde paresse, Infinis bercements du loisir embaumé! Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond; Sur les bords duvetés de vos mèches tordues Je m'enivre ardemment des senteurs confondues De l'huile de coco, du musc et du goudron. Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde Sèmera le rubis, la perle et le saphir, Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde! N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde Où je hume à longs traits le vin du souvenir?
2nd poem translation Head of Hair O fleecy hair, falling in curls to the shoulders! O curls! O perfume laden with nonchalance! Ecstasy! To fill the dark alcove tonight With memories sleeping in that thick head of hair. I want to shake it in the air like an handkerchief! Languorous Asia and burning Africa, A whole far away world, absent, almost extinct, Dwells in your depths, aromatic forest! While other spirits sail along on music, Mine, O my love! floats upon your perfume. I shall go there, where trees and men, full of vigor, Faint of pleasure in the heat of the climate; Heady tresses be the billows that carry me away! You hold, e bony sea, a dazzling dream Of rigging, of rowers, of flames and masts: A resounding harbor where my soul can drink In great draughts the perfume, the sound and the color; Where the vessels gliding through the gold and the moire Open their vast arms to embrace the glory Of a clear sky shimmering with everlasting heat. I shall bury my head enamored with rapture In this black ocean where the other is imprisoned; And my subtle spirit caressed by the sway Will know how to find you, O fruitful lazyness, Endless lulling of scented leisure! Blue hair, pavilion hung with shadows, You give back to me the blue of the vast round sky; In the downy edges of your twisted locks I ardently get drunk with the mingled odors Of oil of coconut, of musk and tar. For a long time! Forever! my hand in your heavy mane Will scatter the ruby, the pearl and the sapphire So that to my desire you will never be deaf! Aren't you the oasis where I dream, the gourd where I inhale in great draughts the wine of memory?
Transcript of the intro to the podcast Bonjour à tous, Et bonne année 2008 mes chers abonnés. Non, je ne vous ai pas oublié, j’ai juste été très occupée, et un peu paresseuse, en cette fin d’année 2007. Aujourd’hui, pour me faire pardonner, je vais vous lire deux poèmes. Le premier, un petit texte en prose, juste pour le plaisir. Il s’agit de « la feuille blanche » de Paul Valéry. Le deuxième, plus long, « la Chevelure » de Baudelaire. J’ai choisi deux auteurs dont j’ai déjà parlé dans mes podcasts, vous pouvez donc facilement écouter la vie des auteurs dans mes études précédentes ; l’audio des podcasts est disponible sur iTunes ainsi que sur mon site, learnfrenchinboston.com/podcast. Alors, le premier poème. C’est un poème très court, en prose, c’est à dire que le poème ne rime pas. Le vocabulaire est très simple, le message est donc facile à comprendre. Valéry nous parle de la peur paralysante de l’auteur face à la feuille blanche. Comme d’habitude, vous trouverez la traduction en anglais, ainsi que le transcrit de ce poème sur mon site. Je vais donc commencer en lisant le poème lentement, puis je vais le relire plus rapidement. ---- Voilà, je vais maintenant lire le deuxième poème de ce podcast ; poème plus long, on retrouve dans « la Chevelure » les thèmes chers au cœur de Baudelaire ; la femme, la mer et les parfums exotiques. En parlant de parfum exotiques, j’ai pensé à quelque chose l’autre jour ; vous vous souvenez certainement de l’érotisme du premier poème de Baudelaire que j’ai étudié dans mon podcast, « parfum exotique ». Et bien, du mot exotique a érotique, il n’y a qu’une lettre. Cela m’étonnerait bien que cela soit une coïncidence… Je vais donc commencer en lisant le poème lentement, puis je vais le relire plus rapidement. Allez sur mon site pour lire le poème et trouver la traduction en anglais. ---- Voilà, je sais que ce poème n’est pas très facile, il y a beaucoup, beaucoup de vocabulaire, le poème est long, mais je suis sure que vous pouvez comprendre. Je vais maintenant relire le poème plus rapidement, et ça sera la fin de ce podcast.
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